TPE : quid de l’intelligence artificielle (IA) ?

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TPE : quid de l’intelligence artificielle (IA) ?

La transformation numérique ou digitale pour les TPE/PME est clairement un enjeu vital mais difficile à négocier dans un contexte à la fois très évolutif et prometteur. Les décisions stratégiques ne s’en trouvent pas facilitées, bien au contraire, mais l’intelligence et le bon sens doivent permettre de s’y retrouver. Les TPE, encore plus que les PME, ont deux objectifs majeurs assez complémentaires : se faire connaître et tout faire pour qu’il soit possible de les contacter à tout moment. Le site web est l’étape indispensable pour les atteindre l’un comme l’autre, mais il faut savoir choisir la meilleure présentation possible, ce qui suppose d’être bien conseillé et là, une question peut se poser : et si l’on recourait à l’intelligence artificielle (lA) pour résoudre le problème et atteindre les objectifs précédents dans les plus brefs délais ?

En théorie

En théorie, il serait pratique de déléguer à une machine bien éduquée ou a fortiori intelligente cette tâche fastidieuse qui consiste à monter son site web, en dialoguant avec elle et en lui donnant quelques ordres simples, l’affaire de quelques minutes de discussion. Elle vous bricolerait en un tour de main l’objet de vos rêves et il ne manquerait rien : vitrine, activités, équipes, spécificités et, pour les sites marchands, catalogues, boutique visitable, paiement en ligne, gestion des ventes et des stocks, comptabilité, fichiers clients, référencement, e-réputation etc. Ainsi serait assurée la présence en ligne qui vous tient à cœur tant vous la savez vitale et le produit final vous serait livrée dans les heures qui suivent.

Sauf que l’IA, pour l’instant, n’est pas en mesure de répondre à votre attente, loin s’en faut. Elle se répand pourtant comme une traînée de poudre dans tous les domaines et, en ce début d’année, il est difficile de ne pas s’interroger sur sa nature et son apport actuel à l’aune des TPE, tout autant que sur ses promesses et sur ses menaces potentielles à l’aune de l’économie mondiale et des grands équilibres tant sociétaux que sociaux à venir.

Le sujet est immense, tentaculaire et complexe. En quelques mots, l’IA sous sa forme actuelle ne peut qu’aider ponctuellement les TPE dont les capacités financières modestes interdisent tout investissement massif dans un tel outil. Il peut en être autrement pour une grosse PME, encore que… Bref, pour votre site web, il faudra vous prendre un peu la tête comme d’habitude en recourant à l’un des nombreux prestataires présents sur ce marché. C’est votre intelligence qui sera mise à contribution, pas celle d’un réseau de neurones formels qui ne sont pas près de remplacer les vôtres, en dépit de certaines prédictions apocalyptiques plus ou moins crédibles.
Pour votre référencement, l’IA ne vous sera pas directement favorable et ce ne sera pas gratuit, vous le savez ! A vous d’être ingénieux ou de choisir la bonne agence qui vous conseillera au mieux, si vous n’êtes pas inspiré. C’est l’intelligence humaine qui va primer pour les TPE à l’heure actuelle en matière de virage digital, quand il s’agit de bâtir ou de défendre sa e-réputation. Les influenceurs ont leur rôle à jouer…
A quoi peut donc servir l’IA ?

Alors, à quoi peut bien vous servir l’IA sous sa forme actuelle ? D’abord, à réfléchir sur la puissance de l’outil informatique qui ne va cesser d’enfler et de s’affirmer dans les années à venir. A défaut de pouvoir utiliser l’IA, tentez d’en comprendre les bases, ne serait-ce que pour mettre à jour vos connaissances en informatique et anticiper les enjeux à venir. Vous allez vous interroger parfois sur ce que sont les chatbots et les blockchains, sur les prestataires en IA qui commencent à proposer leurs services, sur le moment où il sera temps de prendre un virage de plus.

Gouverner, c’est prévoir : rien de nouveau sous le soleil. Les géants du numérique, les GAFAs (Google, Amazon, Facebook et Apple) investissement des milliards de dollars dans l’IA en espérant qu’elle saura peut-être prédire l’avenir mieux que nous, rien n’est moins sûr. Il faut y ajouter Microsoft et IBM pour aboutir aux GAFAMIs, mais il existe aussi des géants numériques en Chine.
L’IA est une énorme boite noire qu’il faut comprendre, dans un premier temps, avant de songer à combiner homme et machine sous la forme d’une nouvelle espèce hybride qui n’est pas pour demain, mais il y de quoi fantasmer. Trouver dans une actualité foisonnante, souvent tonitruante et déconcertante, ce qui peut être utile à court terme revient quelque peu à chercher une aiguille dans une botte de foin. Entre la fin des métiers et celle de l’humanité, le paysage médiatique a de quoi décourager et inspirer une certaine frayeur, voire une répulsion et ce n’est pas fini, maintenant qu’elle fait partie des campagnes de marketing de nombreuses sociétés ou entreprises impliquées dans la transformation numérique.

L’IA à la portée de tous ?

La bulle médiatique est bien installée et alimentée. Des start-ups qui participent à la French Tech voient le jour, en partie grâce à des plates-formes numériques mondiales qui donnent accès aux briques technologiques tant matérielles que logicielles de l’IA dans le cadre de programmes open source, souvent lancés par les GAFAMIs elles-mêmes, mais d’autres Des open data sont également disponibles pour alimenter ou tester votre machine ou votre modèle, selon les goûts ou ceux de vos développeurs. Donc, si vous voulez vous lancer dans ce secteur porteur, libre à vous de vous abonner à ces plates-formes, en sachant qu’il faudra étoffer votre culture pour les utiliser, mais aussi constituer une équipe et… un budget car l’aventure est par essence pluridisciplinaire. Les projets peuvent être vite dispendieux s’il faut s’entourer d’une foule de spécialistes divers, notamment développeurs, consultants ou autres, non seulement pour alimenter l’IA, mais aussi pour trouver et mettre en valeur des applications potentielles.
Les solutions dérivées de l’IA consistent à assembler diverses briques logicielles et matérielles – au demeurant de plus en plus nombreuses et variées- en fonction des objectifs et des besoins de chacun. Leur intégration devient de plus en plus un enjeu technique majeur autant qu’un métier de plus en plus difficile à exercer dans un contexte hautement évolutif. Créer une IA pour une start-up s’apparente souvent à un assemblage de techniques, et à un paramétrage d’outils souvent assez ordinaires dans le but d’exploiter des données et d’aboutir à une application, parfois dans l’empressement, car la concurrence est vive entre les entreprises.

Une nouvelle ruée vers l’or ?

C’est un peu in fine l’ambiance de la ruée vers l’or : vous avez les outils, à vous de fabriquer ou dénicher les pépites, mais souvenez-vous, ceux qui se sont véritablement enrichis à cette époque ne sont pas les chercheurs d’or, non ce sont les fabricants d’outils, à la nuance près qu’aujourd’hui, ces derniers sont les plus riches du Monde. Les pelles, râteaux et tamis ont cédé la place aux briques logicielles/matérielles de l’IA aux plates-formes et au cloud, entre autres outils.

De fait, sans vouloir devenir spécialiste du domaine, il est bon, pour les TPE/PME de s’intéresser de près à l’IA car, même dans son état actuel balbutiant, elle signe la progression inexorable vers encore plus de modernité et de technicité qui auront forcément un impact significatif sur l’emploi, la formation et l’enseignement, voire sur notre civilisation… sans forcément tomber dans le catastrophisme.

« Le hasard ne favorise que les esprits préparés », écrivait Louis Pasteur. Cette formule n’a jamais perdu de son actualité et de sa force : il n’est que temps de se préparer à une nouvelle révolution technologique aussi incontournable que l’Internet ou encore la mobilité des supports informatiques, sans tomber pour autant dans les prévisions extrêmes qui ne reposent sur aucune réalité tangible. Se méfier des experts et des gourous qui ont trouvé là un terrain propice à leurs ambitions et à leurs fantasmes.
L’hypercomplexité inscrite dans la définition princeps de l’IA
Rien n’est écrit à l’avance et, dans le cas de l’IA, nous sommes dans le domaine de l’hypercomplexité qui doit rester présente dans tous les esprits, à tous les niveaux de la société et dans toutes les entreprises, pas que les GAFAMIs ! Pour vous en convaincre, cherchez comment l’IA peut vous être utile en cherchant sur le web des informations sur les chatbots, la blockchain, la cybersécurité, les demandes de crédit ou les prêts aux TPE/PME, le deep learning ou apprentissage profond, les réseaux de neurones ou tout simplement l’intelligence humaine et ses multiples dimensions. Songez que vous êtes déjà un adepte de l’IA, peut-être sans le savoir, au travers des applications de votre smartphone, des objets connectés ou encore du recours aux data centers, sans oublier le cloud.
De cette réflexion naîtront certainement des idées propices aux actions et à connaissance du monde qui se prépare : cela ne saurait se faire à notre insu, même s’il faut se faire un peu mal aux neurones pour comprendre le B A- BA de l’IA et s’y retrouver dans la jungle numérique actuelle. La curiosité est de rigueur, en sachant que les géants ou les grands acteurs de l’IA s’intéresseront toujours aux jeunes pousses prometteuses, le tout est d’attirer leur attention, par exemple au CES (Consumer Electronic Show) qui se tient chaque mois de janvier à Los Angeles… ou de jouer dans leur cour. Question de chance, d’opportunité … et d’intelligence stratégique pour l’instant humaine.
Pour finir, il convient de se pencher sur la définition princeps de l’IA, selon Marvin Lee Minsky (1927-2016): « c’est la construction de programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui sont, pour l’instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique ».
Marvin Lee Minsky est le cofondateur, avec John McCarthy (1927-2011), du CSAIL (Computer Science and Artificial Intelligence Laboratory), du groupe d’IA du MIT (Massachusetts Institut of Technology) au début des années 60. Tous deux sont considérés comme les pères fondateurs et les pionniers de l’intelligence artificielle. Cinquante années plus tard, cette dernière revient sur la scène de manière éclatante avec des moyens techniques et informatiques infiniment plus puissants qui lui confèrent d’autres ambitions, mais ses définitions actuelles sont inspirées de la définition précédente qui doit rester en mémoire des jeunes pousses et des novices, mais aussi de ceux qui président aux destinées de l’IA.

John Sorri

Pour en savoir plus :

L'Hyperpuissance de l'informatique : Algorithmes, données, machines, réseaux. Gérard Berry. Editions Odile Jacob (octobre 2017).

Les usages de l’intelligence artificielle. Olivier Ezratty (octobre 2017). Internet (pdf en ligne 355 pages).